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Entretien spirituel : La Prise d’aube

par Mgr Claude Thompson 
 

Je me souviendrai toujours avec émotion de ma promesse scoute, faite un jour de mon adolescence dans une petite chapelle intime avec mes frères scouts. Nous nous étions préparés pendant des mois. 
En effet, à cette époque, il y avait des épreuves préliminaires à ce grand jour : rencontres avec l’aumônier, techniques de plein air, mémorisation des lois et même une veillée d’armes, la veille de la promesse, temps de prière et de réflexion qui pouvait se prolonger tard dans la soirée. 
Le scout n’était-il pas le chevalier des temps modernes ? Et puis il fallait prouver par notre comportement, et surtout par la manifestation de l’esprit de service, que nous étions dignes de porter l’uniforme et de faire partie officiellement de la troupe. 
Que de beaux souvenirs, mais aussi que de profondeur dans cette pédagogie, que de sagesse dans ce cheminement ! 
La promesse scoute des années 40 était solennelle. Elle commençait ainsi : 

 

« Sur mon honneur et avec la grâce de Dieu, je m’engage… »



Oui, je m’engage ! Une expression que l’on n’entend plus beaucoup de nos jours. 
Jamais je n’oublierai ce jour qui a marqué une étape importante dans ma vie : il a constitué une amorce sérieuse vers une vie plus responsable et une occasion de vivre plus intensément l’évangile. 
Pendant quelques années, avant qu’ils ne soient organisés en école, les PCTR ont été scouts (exigence de l’évêque pour avoir un aumônier en 1953) et j’ai vu bien des jeunes se préparer avec enthousiasme à leur « Promesse », qui était à la fois une promesse scoute et une promesse de chanteur, puisqu’on y ajoutait l’élément musical et la dimension liturgique. Et même si les petits chanteurs d’alors recevaient l’aube, la cérémonie d’investiture ressemblait beaucoup à la promesse scoute. D’ailleurs la préparation des futurs chanteurs se faisait un peu sur le modèle scout. Nous avions même élaboré une série de lois (5 au début) pour le petit chanteur, comme un code d’éthique pouvant l’aider à réaliser son idéal avec plus de fidélité et de persévérance. 
Disons que même avant la fondation de l’école (1966), le désir de faire plus de musique nous a contraints à abandonner le scoutisme (1963). 
Il reste que certaines pédagogies scoutes ont été retenues jusqu’à aujourd’hui et ont laissé des traces dans le cheminement du petit chanteur de 2012 et la Prise d’aube actuelle se ressent aussi de cette tradition. 

La prise d’aube consistant en un engagement vis-à-vis un idéal, elle exige qu’on se prépare de longue date. Aussi, j’ai divisé cet entretien en deux parties : la préparation éloignée à la prise d’aube et la préparation plus immédiate. 

 

 

A) Préparation éloignée

La prise d’aube ne doit pas être un rite artificiellement réalisé, rapidement préparé, une sorte de cérémonie de routine. L’idéal du petit chanteur est trop grand pour qu’on se contente de le proposer en accéléré, surtout en en faisant une simple fête d’amitié. Dans cette première partie, cinq points me semblent essentiels à exposer pour une préparation éloignée. Ce qui veut dire qu’à longueur d’année, on essaiera de trouver du temps pour développer l’un ou l’autre de ces points dans le but de faire saisir à l’enfant la beauté de l’idéal du petit chanteur. Voici ces cinq sujets : connaissance du mouvement, honneur et fierté, fidélité, esprit de service, mission du petit chanteur

1. Connaissance du mouvement

Un jour, le cardinal Suhard, archevêque de Paris, adressait à ses prêtres une lettre pastorale qui commençait ainsi : « La première condition pour être prêtre, c’est de le savoir… » 
En effet, comment vivre pleinement un idéal si l’on n’est pas vraiment conscient de sa beauté et de son importance ? 
Or, plus j’avance dans le temps, plus je suis convaincu que l’idéal « Pueri Cantores » est exceptionnel et que notre mouvement est l’un des plus beaux mouvements de jeunesse qui soit. Dans notre monde brisé et désacralisé, il est un symbole d’espérance. 
Pourquoi? C’est qu’il est à la fois réalisateur de beauté et transmetteur de valeurs profondes. Il donne une éducation qu’on pourrait décrire comme complète. Il y a à la base la formation académique et sur ce point très souvent le petit chanteur y montre un soin qui n’est pas le cas de tous (témoignages de professeurs des écoles secondaires). En- suite, le mouvement des Pueri Cantores met le chanteur en contact avec les créations les plus élevées du génie humain et, dans la musique sacrée véritable, l’oriente vers la mise en valeur, par le chant, des plus grandes réalités spirituelles. Comment ne pas être attiré définitivement vers le Beau et le Vrai lorsque la voix se met avec ardeur au service de la Louange divine et des expressions infiniment diversifiées que l’on trouve dans les œuvres des grands maîtres? Il y a aussi les expériences liées à l’expression. Le petit chanteur doit se produire en public, parfois s’exécuter en solo. Là encore une expérience des plus enrichissante. On pourrait ajouter l’esprit de fraternité qui se développe aussi beaucoup. Ceux qui sont passés par ces expériences entretiennent des amitiés qui se prolongent au-delà de leur adolescence. 
De temps à autre, il est bon de faire connaître à nos chanteurs le mouvement international afin qu’ils se rendent compte qu’ils ne sont pas les seuls à réaliser ce bel idéal.

2. Honneur et fierté

Le Larousse donne la définition suivante de l’honneur : « Sentiment que l’on a de sa dignité morale; fierté vis-à-vis de soi et des autres ». Il y a la parole d’honneur, le point d’honneur ou encore l’honneur d’avoir accompli une tâche. 
Si vous avez un système de lois pour vos chanteurs, il s’agit d’une sorte de code de vie qui résume en quelque sorte l’idéal du mouvement auquel on peut se référer pour vérifier si leur comportement est en accord avec cet idéal. 
Beaucoup de mouvements ont eu dans l’histoire des codes d’honneur. Le plus célèbre est sans doute le code de la chevalerie qui était d’une grande noblesse. Le non-respect de ce dernier pouvait entrainer la déchéance de celui qui se rendait coupable d'un manquement envers le code. Ce code s'applique à tous les moments de la vie et il est assez développé. 
En voici quelques points : Aimer l’Église et la Patrie, ne pas mentir et respecter la parole donnée, être généreux et partager, ne pas être prétentieux mais humble en toute circonstance, faire face à l’adversité sans perdre courage, venir en aide aux faibles, être courtois envers les femmes nobles ou non et les respecter. Ici permettez-moi de vous dire que ce dernier sentiment a suscité toute une littérature musicale dont le thème principal est l’amour courtois (troubadours et trouvères). 
Je suis sûr que le jeune chevalier qui était adoubé, en ressentait une grande fierté, la fierté étant non l’orgueil, mais la satisfaction légitime de soi. Et n’oublions pas que si l’on ne fait pas grand-chose, il est inutile de parler de fierté. 
Sachons profiter d’événements particuliers comme la Prise d’aube pour mettre nos chanteurs en face de cet idéal élevé. Aussi je me permets de transcrire à la suite de ces réflexions un code d’éthique pour le petit chanteur, qui rejoint une pédagogie vieille comme le monde et que j’ai proposé il y a quelques années à mes aspirants chanteurs : dix lois (un décalogue quoi!), dix règles de vie dont quelques-unes sont tout particulièrement d’actualité. 

 

Les dix lois du Petit Chanteur

 

  1. Le chanteur vit intensément l’amour de Dieu et du prochain

  2. Le chanteur est fidèle à la Parole de Dieu

  3. Le chanteur est en paix avec lui-même et avec les autres

  4. Le chanteur agit avec docilité et générosité

  5. Le chanteur loue Dieu de tout son cœur et chante avec ferveur

  6. Le chanteur est humble; il se réjouit du succès des autres

  7. Le chanteur est loyal et juste

  8. Le chanteur cultive la force morale et le détachement

  9. Le chanteur est aimable et courtois

  10. Le chanteur vise en tout la perfection et cherche à se réaliser pleinement

3. Fidélité

Voilà bien une vertu que j’affectionne particulièrement. Dans la livre des Proverbes, il y a une petite phrase que j’ai souvent citée à mes chanteurs : « Que bienveillance et fidélité ne te quittent pas ! Fixe-les à ton cou, inscris-les sur la tablette de ton cœur. » 
La fidélité est la constance dans les actes, le comportement. La personne fidèle fait ce qu’elle a promis. C’est peut-être la vertu centrale du petit chanteur car l’enfant qui ajoute à son apprentissage académique la dimension musicale doit mettre de l’ordre dans son emploi du temps : études, répétitions, messes, concerts, pratique instrumentale. Mais comme tout cela est bénéfique pour l’avenir! Et quand arrivent les inévitables conflits d’horaire dans la vie familiale, le petit chanteur qui a compris ce qu’était la fidélité saura faire les choix qui s’imposent pour remplir ses engagements. Bel apprentissage pour la vie. 
Moi qui rencontre régulièrement mes anciens petits chanteurs, je puis vous affirmer que pour la très grande majorité, ils savent où ils s’en vont et ne redoutent pas les efforts pour arriver à se réaliser pleinement. Et chose très intéressante, les témoignages de l’un ou de l’autre se ressemblent d’une façon assez frappante : Nous avons appris, disent-ils les bienfaits de l’effort et de la rigueur.

4. L’esprit de service

Je disais plus haut qu’à Trois-Rivières, il était resté des traces de l’esprit scout. Je pourrais dire que l’insistance sur le service s’est manifestée davantage chez les adolescents (groupe appelé « Haute Section ») dont la devise a toujours été « SERVIR » Et je puis dire que l’esprit de service a toujours été très fort dans ce groupe. On pouvait demander à n’importe quel membre de ce groupe un coup de main dans les domaines les plus variés et être sûr d’une réponse positive. Et puis il y avait le service de l’autel assuré par les adolescents qui étaient en mue, service qui malheureusement a été plus ou moins abandonné ces dernières années sauf aux célébrations de Noël et de la Semaine Sainte. 
Pour les plus jeunes, ils étaient moins conscients que les plus grands sur le plan du service, mais on leur en parlait souvent. Je pense même que, personnellement, c’est peut-être sur ce point qu’ont toujours porté principalement mes homélies lors des prises d’aube. Et pour cause, puisque l’esprit de service, l’habitude de penser à l’autre dans la famille, à l’école, débouchait sur un autre service encore plus beau, celui du service liturgique. Il est bon de rappeler ici que, dans la Grèce antique, le mot « liturgie » existe (leitourgia), mot qui se décompose en « laos », peuple et « ergo », faire, donc agir pour le peuple. Une liturgie était chez les Grecs, un service public de la cité financé et géré par les plus riches : gymnase, concours sportifs, fêtes religieuses etc. Et notre liturgie est aussi un service pour le peuple, pour le fidèle qui vient à l’église pour entendre la Parole de Dieu et s’unir au sacrifice du Christ. Or, dans l’organisation, dirais-je, de cette activité, considérée par le dernier concile comme étant la plus importante dans l’Église, il y a des ministères, des responsabilités et le chanteur qui ajoute une dimension artistique à la Parole de Dieu et qui aide à mieux saisir la grandeur des Mystères par la beauté, exerce un véritable ministère. 
Et puis, si on trouve les bons mots pour motiver nos enfants pour la beauté de ce service, ils éprouveront un des sentiments les plus fondamentaux pour celui qui exerce le ministère de la beauté : la joie de servir le Seigneur. 
Personnellement, une belle liturgie où la prière sincère sort comme naturellement du chant sacré, c’est la chose que j’ai toujours désiré le plus. Elle est pour moi très supérieure au concert sacré, parce qu’elle unit à l’action même du Christ. Après cela, quelle joie terrestre peut être préférée à cette contemplation? C’est pourquoi on peut lire dans le Psaume 26 dont le thème principal est la confiance en Dieu : 

 

« J’ai demandé une chose au Seigneur, 
la seule que je cherche : 
c’est d’habiter la maison du Seigneur 
tous les jours de ma vie, 
pour admirer le Seigneur dans sa beauté 
et m’attacher à son temple. » (Ps 26, 4)

5. La mission du Petit Chanteur

Bien sûr sa mission la plus sublime est celle du ministère de la beauté dans la liturgie et ici, je ne puis m’empêcher de vous parler des nombreux témoignages recueillis après les célébrations où des gens de toute condition venaient dire combien ils avaient été remués intérieurement par la musique sacrée. On rappelle souvent l’anecdote de la conversion de Claudel d’après une biographie qui rapporte les paroles mêmes du poète : 
 

Paul Claudel, selon ses dires, baignait, comme tous les jeunes gens de son âge, dans « le bagne matérialiste » du scientisme de l'époque. Il se convertit au catholicisme, religion de son enfance, en assistant en curieux aux vêpres à Notre- Dame de Paris le 25 décembre 1886, jour de Noël. « J’étais debout, près du deuxième pilier, à droite, du côté de la sacristie. Les enfants de la maîtrise étaient en train de chanter ce que je sus plus tard être le Magnificat. En un instant mon cœur fut touché et je crus ».


Il m’est arrivé une fois de constater la puissance d’une liturgie bien vécue lors d’une Semaine Sainte. On confessait beaucoup à cette époque. Or un pénitent se présente à moi alors que je confessais à la cathédrale après l’office du Vendredi Saint. Sans savoir que j’étais le directeur de la chorale, il me dit en substance: « Je viens d’assister à l’office et j’ai été remué par ces voix d’enfants ». Il y avait une trentaine d’années qu’il s’était éloigné de l’Église. Ce n’est pas la première fois que je raconte cette anecdote, mais ici je la mets par écrit. J’ai toujours pensé que le Seigneur m’avait alors fait signe pour me dire : continue ton ministère de la beauté. 
Mais la mission du Petit Chanteur ne s’arrête pas là. Grâce aux concerts et différentes prestations, il est un élément culturel d’une grande importance qui s’ajoute à toute la vie artistique d’une ville, d’une région. Et j’insiste pour dire qu’à cause du timbre des voix d’enfants, particulièrement cristallin, timbre qui respire le charme, la naïveté (de « nativus »), l’émotion sincère et que dire ? la présence de chœurs d’enfants dans une cité, un pays, ajoute une dimension incomparable à la qualité des prestations musicales. 
Je termine ce paragraphe en exprimant ma profonde conviction que les enfants formés dans un mouvement qui leur permet de se réaliser sur de nombreux plans, deviennent des modèles de jeunes qui savent gérer leur emploi du temps, qui rayonnent par la qualité de leur personnalité et qui réalisent parfois des choses étonnantes tant sur le plan musical que dans les domaines les plus divers. 

 

B) Préparation immédiate



En débutant cette deuxième section, je tiens à dire que la prise d’aube ne se fait pas uniquement chez les Petits Chanteurs. En France, en tout cas, on la fait aussi pour les séminaristes qui franchissent une étape dans l’approfondissement de leur vocation. On a gardé dans certains grands séminaires la fonction d’acolyte que l’on reçoit officiellement par une prise d’aube. C’est une étape qui précède l’ordination. 
On le fait aussi pour les jeunes qui se consacrent au service de l’autel. Dans certaines paroisses, on devient enfant de chœur par une préparation sérieuse qui débouche sur une prise d’aube. 
Pour revenir aux Petits Chanteurs, il y a quelques années, grâce à une recherche sérieuse, la Fédération des Pueri Cantores du Québec a recueilli de nombreux documents concernant la prise d’aube et le résultat a été assez sensationnel, car non seulement nous avons pu offrir à nos chorales un cérémonial intéressant qui tienne compte à la fois de la mentalité actuelle et d’une tradition remontant à Mgr Maillet, mais on nous a fait connaître aussi des documents de base dans lesquels plusieurs nous ont fait part de principes et de valeurs qu’ils privilégiaient afin de mieux préparer leurs novices à leur engagement. Il y a des cérémonies très courtes (Notre-Dame de Paris) et d’autres plus élaborées. 
Je pense que l’on aura aujourd’hui une bonne idée de ce qui se fait dans les différentes chorales puisque vous avez apporté les documents pertinents à cet engagement correspondant à une tradition qui vous est caractéristique. 
Mais n’oublions pas que la préparation éloignée est la plus importante. Tant mieux si la cérémonie est grandiose et parlante. Elle aidera alors le jeune à cristalliser en quelque sorte son idéal par des gestes et des chants qui lui resteront en mémoire, l’aidant ainsi à rester fidèle à sa promesse. 

1. Symbolismes 
Je me contente de donner ici les symbolismes les plus importants se rapportant à une prise d’aube : l’aube, le cordon et la croix. 

Déjà, du seul point de vue humain, le vêtement a un sens; il n’est jamais seulement utilitaire (un animal ne s’habille pas). Le vêtement est symbolique : il sert à signifier quelque chose, de celui qui le porte à ceux qui le voient. C’est déjà vrai dans la vie de tous les jours. Mais cette signification est encore renforcée, et même codée, dans le cas des vêtements de fonction : uniformes, toges, et vêtements liturgiques. Il est d’ailleurs très révélateur que le mot « investir » soit de la même étymologie que le mot « vêtement » (du latin vestis : vêtement). Le vêtement de fonction signifie que celui qui le porte, est investi d’une fonction particulière et qu’il n’agit donc pas comme une personne privée, mais au nom d’une autorité (Etat, Eglise) qui le délègue pour un service (une fonction) du peuple. 

a) L’aube 
Du latin albus, qui signifie « blanc », l’aube n’est pas le vêtement des ministres ordonnés, mais de tout baptisé comme on le voit bien à la célébration du baptême, surtout s’il s’agit d’un adulte : « Tu es une création nouvelle dans le Christ : tu as revêtu le Christ. Reçois ce vêtement blanc… » Nous saisissons mieux ainsi ce qu’est l’aube et la fonction qu’elle a : « les fidèles, incorporés à l’Eglise par le baptême, ont reçu un caractère qui les délègue pour le culte religieux chrétien » (Constitution dogmatique sur l’Eglise, no.11). Ce principe reçoit une force supplémentaire lorsque la personne exerce un ministère lié à la Parole de Dieu comme le chant sacré. 
C’est ainsi que Mgr Maillet a initié la tradition du port de l’aube pour les Petits Chanteurs qui auparavant étaient vêtus comme les enfants de chœur avec une soutane et un surplis. 

b) Le cingulon 
Ici on trouve bien des symbolismes plus ou moins farfelus qui remontent très souvent au Moyen Âge où abondaient les symbolismes. 
Disons d’abord qu’il y a la fonction pratique de retenir l’aube. Par contre, certaines aubes sont fabriquées sans qu’elles nécessitent le port d’un cingulon. Mais si on le porte, on peut rappeler certains passages de la Bible où le port d’une ceinture quelconque s’accommode bien avec le travail, l’action, le voyage etc. Un seul exemple, dans l’Exode, au moment de la Pâque, Moïse prescrit qu’on devra manger la Pâque les reins ceints, les sandales aux pieds, le bâton en main, donc on sera prêt pour l’action, le voyage. 
Le symbolisme dont on nous parlait au Grand Séminaire est celui de la chasteté. Déjà l’aube est un signe de pureté. Celui qui chante les louanges de Dieu ne doit-il pas garder ses lèvres et son cœur de tout laisser-aller dans son langage et dans ses actions? 

c) La Croix 
C’est le symbole chrétien par excellence. Dans un cérémonial parmi ceux qui nous ont été envoyés et dont j’ai parlé plus haut, je crois qu’il s’agit de celui adopté par Mgr Maillet, le Petit Chanteur reçoit officiellement la croix des mains du président qui lui dit : « Reçois cette croix qui te rappellera sans cesse que tu es au service du Seigneur ». 
Il faut éviter de faire de la remise de la croix quelque chose de banal. 
Je sais que dans certaines chorales, on inscrit en l’endos de la croix le nom du Petit Chanteur reçu qui en fera peut-être son plus beau souvenir. 

2. Insignes et décorations 
La prise d’aube est une belle occasion pour remettre des insignes ou des décorations pour manifester la satisfaction des responsables à l’égard de certains groupes d’enfants comme un cordon de couleur pour la croix, un cingulon doré (pour les chanteurs de secondaire III à Mont-Royal et à Trois-Rivières), un certificat officiel (pour ceux qui ont atteint le secondaire V). 

J’ajoute qu’on peut profiter de la visite de la chapelle où l’on fera la prise d’aube pour donner des explications supplémentaires sur le mobilier d’une église, les vêtements du prêtre et des ministres, les vases sacrés etc. 

Claude Thompson